Bureau des Lecteurs de la Comédie Française

Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y.P.

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Il est revenu le temps du Bureau des Lecteurs, ce cycle de trois lectures d'oeuvres contemporaines.

Cette fois encore, il va falloir, pour le GSE, le Groupe des Spectateurs Engagés, il va falloir  choisir entre trois textes.

Choix bien souvent cornélien tellement les pièces retenues sont une fois de plus intéressantes.

Cette fois-ci, le Bureau des Lecteurs, présidé par Laurent Muhleisen, a présélectionné les trois pièces suivantes.

Vendredi 25 novembre, 20h30

Bureau des Lecteurs de la Comédie Française

Ido, banal employé de bureau, rentre chez lui le soir de l’anniversaire de son fils, et découvre qu’un dangereux criminel évadé de prison, Ogoro, a pris sa femme et son fils en otage.

En contrepartie de leur libération, Ogoro exige de voir sa femme, une stripteaseuse qu’il soupçonne de le tromper. Ido se rend chez la femme d’Ogoro pour lui demander de raisonner son mari, et finit par la prendre à son tour en otage ainsi que son fils.

Exalté par le pouvoir que lui confère une arme volée à un policier, mais aussi exaspéré par une abeille piégée au fond d’une tasse de thé, il va rapidement laisser libre cours à ses pulsions sadiques.

Le « petit homme » qu’il est en vient à violer la femme d’Ogoro et coupe un doigt de son fils, dévoilant ainsi sur un mode parodique les violences internes à la vie familiale au Japon.

En face, Ogoro fait de même avec la famille d’Ido, et c’est l’escalade : dans une sorte de tourbillon fou, mais terriblement cocasse, un carnage finit par avoir lieu, emportant presque tout.

La pièce s’achève sur la vision d’Ido, le couteau levé sur ses propres doigts…

Samedi 26 novembre, 20h30

Bureau des Lecteurs de la Comédie Française

Le jour de l'enterrement de son mari, la mère se retrouve seule avec ses trois enfants, déjà grands, à un âge où ils pourraient voler de leurs propres ailes, mais les temps sont difficiles.

Les tours HLM du quartier où ils vivent, promises à la destruction, s'effondrent les unes après les autres, mais la leur sera la dernière, et la mère a juré de ne sortir de son appartement qu'au tout dernier moment.

Les mois passant, elle fait son deuil, en continuant à soliloquer comme elle l'a toujours fait, ressassant interminablement la routine éreintante et les frustrations de sa vie.

Ses enfants n'arrivent plus à l'écouter, lui parlent sans ménagement, et deux d'entre eux – le garçon et la fille – ne confient leurs espoirs - déjà déçus - qu'à leur soeur, qui elle ne parle jamais. La mère s'exaspère, monte en flèche, cherche à les culpabiliser, elle est tour à tour cruelle et touchante.

Au milieu de ce malheur, de cette douleur d'une vie sans issue, des moments d'humour surgissent ; chacun tente de sauver sa peau, son identité, par la parole, une parole tantôt logorrhéenne, tantôt elliptique.

Les mots sont crus, violents, et toute tentative de se dire que l'on s'aime – car l'on s'aime démesurément dans cette famille - est immédiatement vouée à l'échec. Le jour du dynamitage de l'une tour, un drame, à peine suggéré, se noue.

Dimanche 27 novembre, 14h00

Bureau des Lecteurs de la Comédie Française

Eugénie Falleni, personnage au destin tragique - dont le « démasquage » défraya la chronique en Australie à l’apogée de l’époque victorienne - vécut vingt-deux ans sous l’apparence d’un homme et l’identité de Harry Crawford ; en 1920, elle fut reconnue coupable du meurtre de sa première épouse, Annie Birkett, malgré l’absence de preuves concluantes, et condamnée à la peine de mort.
La pièce nous fait assister aux derniers mois de la vie d’Annie Birkett et Harry Crawford, à Sydney en 1917.

Au premier abord, c’est un couple sans histoire dont le quotidien ressemble à celui des voisins, dans ce quartier ouvrier de Sydney où ils emménagent au début de la pièce.

La journée de travail d'Harry – il est garçon d’hôtel - se termine rituellement au pub (nous sommes en pleine période de prohibition) ; pendant ce temps Annie se consacre à des travaux de couture et à l’éducation de son fils de 14 ans, prénommé Harry lui-aussi.

Crawford a l’air d’aimer sa femme et de bien s’entendre avec son beau-fils. Sous cette apparente normalité, certains indices révèlent cependant un malaise diffus ; déménagements à répétition - suite à quelque « menace » - penchant irrépressible de Crawford pour l’alcool et le tabac, désir impérieux de respectabilité d’Annie, en même temps qu'une hantise d’être observée.

L’arrivée de Josephine, 17 ans, la fille de Crawford confiée à la naissance à une compatriote stérile, va tout dynamiter et précipiter le drame...

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On aura compris que ces trois lectures vont encore déchaîner les passions : qu'il sera donc difficile de choisir, d'argumenter et de voter pour élire son texte préféré !


Pour plus de renseignements, direction le site du Français, d'où ont été extraites les trois notices :

http://www.comedie-francaise.fr/spectacle-comedie-francaise.php?spid=1596&id=516

A vous rencontrer ces trois jours-là !

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