Pigments

Publié le par Yves POEY

Mathilde Moulinat - Nicolas Taffin - (c) Photo Y.P. -

Mathilde Moulinat - Nicolas Taffin - (c) Photo Y.P. -

Un atelier d'artiste peintre.

Une artiste peintre. Chloé.
Un neurologue. Nicolas.

Un jeune couple. Ils sont ensemble depuis maintenant quatre ans.

Et puis, c'est le coup de tonnerre. Leur histoire prend fin, la confiance est brisée.
Ces deux-là pourront-ils reconstruire quelque chose là-dessus, et de quelle manière, surtout ?

La pièce de Nicolas Taffin est une délicieuse comédie romantique qui m'a fait penser à Franck Capra et à ses films, mélange d'humour délicat et d'émotion vraie.

Car ici, on rit beaucoup.

On s'amuse énormément, grâce à l'écriture de l'auteur, qui interprète également le rôle du neurologue, l'homme du couple.

Cette écriture est on ne peut plus contemporaine, en phase avec notre monde.
Combien en connaît-on, de ces jeunes couples, un peu bobos, un peu branchés, à qui rien ne semble pouvoir arriver, et qui pourtant se séparent soudain.

Cette écriture-là fait mouche, va à l'essentiel.

L'utilisation du téléphone portable sur scène va entraîner une vraie dramaturgie : c'est de là qu'arrivera ce qui va enclencher la mécanique de l'histoire.

Mais on rit beaucoup, dis-je, grâce également au talent de ces deux comédiens qui se donnent à fond et qui s'amusent sur scène.

Mathilde Moulinat donne la réplique à l'auteur-comédien en incarnant Chloé. Elle aussi est remarquable de justesse, passant souvent du rire à la tristesse et au désespoir, d'une façon on ne peut plus crédible.

Si ces deux comédiens s'amusent, nous aussi, bien évidemment.

Ce qui pourrait n'être qu'une mauvaise comédie lourde est en fait ici un moment très léger, très fin, très spirituel.

Avec, cerise sur le gâteau, un vrai fond qui n'apparaît pas tout de suite.

La problématique abordée par Nicolas Taffin est un peu comme les matriochkas, ces poupées russes, le vrai sujet se cache et ne transpire pas au premier abord : qui est le vrai peintre, dans le couple ?

Qui va se retrouver avec une vraie toile vierge à couvrir de couleur ?

Je n'en dis évidemment pas plus afin de ne pas déflorer l'intrigue.

La mise en scène d'Elodie Wallace est à l'avenant : alerte, enlevée, précise.
Les dialogues, les situations s'enchaînent sans temps mort, avec une utilisation judicieuse du noir-plateau. (Merci à Jean-Philippe De Oliveira pour ses belles lumières.)

Utilisation fort judicieuse également des accessoires et du décor, avec notamment ce pan de cloison qui sert également de tableau noir. (Encore un support à couvrir de couleur...)

On l'aura compris, le faire artistique de Nicolas Taffin est composé de petites touches très précises, vives, éclatantes, d'une palette aux multiples tons et de pinceaux délicats ou vifs, en tout cas très colorés.

Ses Pigments nous ravissent !

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En sortie de scène, j'ai rencontré Mathilde Moulinat et Nicolas Taffin à qui j'ai posé des questions sur ce spectacle.
Leurs réponses ont confirmé ce beau moment passé à les regarder jouer.
Vous pourrez écouter cet échange pas plus tard que demain.

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Pigments

De Nicolas Taffin.
M.e.s. d'Elodie Wallace.

Théâtre de la Contrescarpe - (Vème arrondissement)

Avec Mathilde Moulinat et Nicolas Taffin.

Tous les vendredis, samedis à 21h30
Les dimanches à 19h00.


Le site du Théâtre de la Contrescarpe

Publié dans Critique

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