Partisans

Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y.P. -

(c) Photo Y.P. -

27 mai 1943.

Première réunion du CNR, le Conseil National de la Résistance.

 

Dans la pièce à côté de celle où se tient ce moment décisif, trois résistants, trois partisans.

Tel est le point de départ de cette pièce remarquable d'intelligence, de profondeur et d'humanité.

 

Ces trois résistants, tout les oppose, et notamment leurs convictions politiques : l'un est communiste, le deuxième affiche et revendique des opinions très à droite (c'est un euphémisme...) et la troisième est socialiste.

 

"La troisième", ai-je écrit.

Oui, le troisième résistant est une résistante.

 

Et l'on comprend très vite la deuxième opposition : pour ces deux hommes, une femme ne peut pas résister.

Tout "simplement" parce que c'est une femme ! Un point c'est tout !

 

On l'aura compris, outre la lutte contre l'ennemi-occupant, Yvonne mène un autre combat : la reconnaissance de sa condition de femme.

Elle lutte pour son émancipation et celle de toutes les françaises.

 

Sans oublier son combat pour le droit de vote !

(Je rappelle au passage que seulement soixante et onze années nous séparent de la première fois où les femmes vont elles-aussi pouvoir élire leur député... Octobre 1945...)

 

Rarement ai-je été autant enthousiasmé par une pièce de théâtre !

 

Bien évidemment, le texte de Régis Vlachos est pour beaucoup dans cet enthousiasme-là.

Que de précision historique, que d'engagement, que de conscience politique, mais également que d'humour !

Car on rit.

Un rire sain, utile, salutaire.

 

Ce texte magnifique est servi par trois comédiens épatants mis en scène par François Bourcier : Lucie Jousse (dans le rôle d'Yvonne), Jean-Hugues Courtassol (Robert) et Aurélien Gouas (Marcel), qui sont bouleversants.

Bouleversants, justes, déployant une énergie communicative, mais également une émotion

intense.

 

Quelle palette de jeu possèdent ces trois-là !

J'ai vraiment vibré, tremblé, ri, faisant preuve tour à tour d'empathie avec chacun de leur personnage.

 

Au delà de l'aspect purement historique, Régis Vlachos ne manque pas, avec une habileté consommée, de relier cette époque à la nôtre et de bâtir ponts et passerelles avec notre société qui elle aussi a tellement besoin de résistance. (C'est mon avis, et je le partage...)

 

De multiples allusions, (dont l'utilisation de l'expression "social-traître" qui m'a ravie (suivez mon regard...) viennent émailler cette heure et demie formidable.

 

On l'aura compris, nous sommes en présence d'un théâtre militant, engagé, assumé et revendiqué en tant que tel.

 

Un théâtre résistant. Un théâtre de partisans !

 

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Dans les jours à venir, je vous proposerai un premier entretien audio avec l'auteur, Régis Vlachos, et un second avec les trois comédiens.

 

Leurs réponses à mes questions sont passionnantes !

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"Partisans", de Régis Vlachos
M.e.s. François Bourcier
Théâtre de la Contrescarpe (Vème arrondissement)
Lundi, mardi, mercredi à 19h30.
Jusqu'au 1er novembre.

 

Publié dans Critique

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