Le chien

Publié le par Yves POEY

Mathieu Barbier et Patrice Dehent - (c) Photo Yves POEY -

Mathieu Barbier et Patrice Dehent - (c) Photo Yves POEY -

Il est des pièces de théâtre, lorsqu'elles se terminent, lorsque le noir se fait, il est des pièces de théâtre après lesquelles on n'a pas envie de revenir du voyage.

De revenir à la réalité.
De revenir à nous.


Tellement l'histoire racontée est poignante.
Tellement l'écriture est forte.
Tellement les acteurs au service de l'auteur sont bouleversants.


Ici, c'est le cas.
Le Chien, d'Eric-Emmanuel Schmitt.


Ce chien Argos qui sera la clef du secret avec lequel vit depuis cinquante ans Samuel Heymann, médecin de campagne, rescapé d'Auschwitz-Birkenau.
L'un de ces hommes, cette poignée de rescapés, qui ont survécu à la déshumanisation programmée par d'autres hommes qui étaient persuadés appartenir à une race supérieure.


N'ayant pas lu la nouvelle de Schmitt parue dans un recueil intitulée « Les deux messieurs de Bruxelles » avant d'aller voir la pièce, je n'irai pas plus loin dans la divulgation de ce secret afin de vous laisser le découvrir au Théâtre de la Rive Gauche.

 

Je voudrais que vous soyez dans le même état que moi à sa révélation.


Ce secret sera révélé par la lecture de la lettre posthume qu'a rédigée le médecin juste avant son suicide.
Ce secret va nous rappeler la notion d'Humanité. Avec un très grand H.

 

Une Humanité qui caractérise chaque être humain, même s'il faut vraiment parfois creuser pour la dénicher.


Les deux comédiens, Mathieu Barbier et Patrice Dehent sont bouleversants, je l'écrivais un peu plus haut.

Sans surjouer, sans aucun effet superfétatoire, avec une justesse phénoménale et dans un décor réduit à quatre simples cubes en bois blanc pour s'asseoir, ils incarnent les deux personnages, le médecin et son ami écrivain.


A aucun moment, ils ne dialogueront entre eux.


Chacun leur tour, ils vont dire un long et bien souvent déchirant monologue.


C'est en effet le parti pris des deux metteurs en scène, Marie-Françoise et Jean-Claude Broche que d'alterner le texte des deux acteurs.


Ils ne quitteront pas pour autant la scène lorsqu'il n'auront pas de texte, ce qui donne une vraie force au spectacle. Ils s'écouteront mutuellement sur le plateau.


Deux autres personnages importants, qui pour autant n'apparaîtront jamais sur le plateau, jouent également un grand rôle.


La fille du médecin, à qui la lettre révélatrice est adressée.
 

Et un autre.


Cet autre personnage, un aristocrate, sera celui qui a tout déclenché.

Le secret.


Celui qui sera concerné par la dernière phrase du texte.
Une phrase magnifique.

« Il essaie d'être un Homme ».


Moi, ce soir-là, j'essayais juste dans le noir final de trouver un mouchoir pour essuyer mes larmes.
 

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Le chien - Eric-Emmanuel Schmitt
M.e.s. de M.C. et J.C. Broche
Théâtre de la Rive gauche
Depuis le 1er octobre.

http://www.theatre-rive-gauche.com/agenda-theatre-rive-gauche.html

Le chien

Publié dans Critique

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doberman 25/05/2017 19:31

Vous êtes vraiment un con pour dévoiler la fin de la pièce....Si je vous croise, ca se passera mal !