Dom Juan

Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y.P. -

(c) Photo Y.P. -

Ciel (11), mon Dom Juan !

C'est en effet le ciel (10) qui tient pratiquement le premier rôle de cette mise-en-scène de Jean-François Sivadier.

Un ciel (9) au propre comme au figuré !

Un ciel (8) fait de planètes (un très beau décor, de Daniel Jeanneteau, avec un très beau jeu de suspensions d'éléments divers que l'on doit à Alain Burkarth.)

Mais aussi le Ciel (7) du Destin.
Ce Ciel (6) qui prédestine, ce Ciel (5) qui condamne, ce Ciel (4) qui punit celui qui s'écarte du droit chemin !

Un Ciel (3) chargé... Trop chargé !

Comme l'impression que cette mise-en-scène m'a laissée.

De très bonnes idées, pourtant, nous sont proposées.

Faire de ce Dom Juan un libre-penseur à la silhouette méphistophélique peut-être plus qu'un libertin en était une.

En faire également une sorte de freak de foire dégingandé en était une autre.

Les "karaokés" auxquels nous assistons sont également assez jouissifs : "Sexual healing" de Marvin Gaye, repris par Nicolas Bouchaud-Dom Juan, et surtout "les passantes" interprétées par l'excellent Vincent Guédon-Sganarelle.

Le compteur à rebours en temps réel de l'emploi du mot "Ciel" (2) était très judicieux et très malin.

Mais voilà, trop d'outrances gratuites, trop d'effets trop appuyés.
Trop !

Trop d'improvisations et de dialogues plutôt fades avec le public... (N'est pas Ostermeir qui veut...)

Trop d'emprunts plus ou moins volontaires à la dramaturgie de Thomas Jolly... (N'est pas Jolly qui veut...)

Trop outrée, cette scène entre les paysans Charlotte (Lucie Valon) et Pierrot (Stephen Butel) : j'ai trouvé la scène plutôt ratée... On crie, on hurle, au détriment de la compréhension.

Fallait-il faire lire à Dom Juan un extrait de "la philosophie dans le boudoir" du divin Marquis, comme si le texte de Molière ne se suffisait pas à lui-même ?

Au final, j'ai trouvé cette production inégale, avec pourtant de vraies ambitions qui ne se traduisent pas forcément sur le plateau.

De très bons moments mais également des instants où je me suis un peu ennuyé.
Comme ces lycéens assis près de moi, qui commençaient à chahuter, et que leur professeur a dû rappeler à l'ordre.
C'est un signe qui ne trompe pas...

Ciel (1) !

---------

DOM JUAN
M.e.s. Jean-François SIVADIER
Odéon-Théâtre de l'Europe (6ème arrondissement)
Jusqu'au 4 novembre prochain.

 

Publié dans Critique

Commenter cet article