Le dernier baiser de Mozart

Publié le par Yves POEY

Delphine Depardieu, Alain Teulié, Guillaume Marquet - (c) Photo Y.P. -

Delphine Depardieu, Alain Teulié, Guillaume Marquet - (c) Photo Y.P. -

Vous avez dit Mozart ? Comme c'est Mozart !


Pour autant, dans ce dernier baiser éponyme, Wolfang-Amadeus ne montera jamais sur scène.
Et pour cause.
C'est Constance, sa toute récente veuve, qui apparaît dès le lever de rideau, juste après une jolie projection-lumière de flocons de neige.


Puis, arrivera Franz-Xaver Süssmayr, l'élève, le disciple, l'admirateur, le confident du défunt génie.
Franz-Xaver Süssmayr qui eut également une brève liaison avec Mme Mozart...
Ces deux-là vont évoquer le célèbre compositeur, bien entendu, chacun à sa manière, parfois presque jalousement d'ailleurs, à qui l'aura le mieux aimé, le mieux compris.


Mais une vraie problématique va bientôt surgir : Constance a besoin d'argent, et elle entrevoit une solution pour se tirer de la misère : faire terminer le fameux requiem inachevé en raison du décès de Mozart.
Mais voilà... Des questions éthiques et morales se posent : faut-il vraiment le terminer, a-t-on le droit, qui s'en chargera, qui en sera capable ?


Alain Teulié, l'auteur, présent dans la salle puis sur scène (première oblige...), Alain Teulié, donc, nous livre une réflexion sur la création musicale, la passion amoureuse, avec tous les affres et sentiments associés.
Son texte m'a subjugué !
Quelle élégance, quelle délicatesse, quel tact !


Ce qui aurait pu n'être qu'une grosse machinerie pour deux têtes d'affiche en mal de reconnaissance théâtrale est un véritable joyau littéraire.
Avec également des répliques drôles, qui font mouche.


Alors, bien entendu, il fallait trouver un beau trio pour rendre justice à ce texte épatant.
C'est chose faite !


Raphaëlle Cambray, la metteuse en scène, a parfaitement su traduire les mots et intentions de l'auteur.
Et de quelle façon !
Sa mise en scène, très précise, très exigeante sous des couverts d'une apparente simplicité, va droit au but, et sert véritablement le texte.


Mais tout ceci ne servirait à rien si les deux acteurs n'étaient pas à la hauteur !
Et comme ils le sont, à la hauteur !


La lumineuse et sublime Delphine Depardieu, en veuve apparemment pas si éplorée que ça nous fait toucher du doigt sa douleur. Son jeu fait appel à une multitude de palettes, de facettes.
Il faut beaucoup de métier et de sensibilité pour interpréter ce rôle.


Quant à Guillaume Marquet, lui aussi nous enchante.
C'est peut-être lui qui tient la partition la plus difficile. C'est lui qui sait insuffler ce besoin de création, ce besoin de reconnaissance, cette envie d'égaler le défunt compositeur.
Ces deux-là sont d'une absolue justesse, d'une élégance folle et nous entraînent dans les méandres de leur passion.


Mention spéciale pour les très jolies et subtiles lumières de Marie-Hélène Pinon, ainsi que pour le décor très réussi de Catherine Bluwal.


Vous l'aurez compris, j'ai passé une heure et demie formidable !
Cette pièce est un vrai bijou, de ces bijoux qui vous émerveillent non pas par leur tape-à-l'oeil, mais par leur vraie, pure et délicate beauté qui s'en dégage.


Ce dernier baiser de Mozart est bien entendu un spectacle in-con-tour-na-ble de cette rentrée théâtrale !

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Théâtre du Petit Montparnasse - Paris
A partir du 7 septembre

Soirées
Mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi : 19h
Matinées
DImanche : 15h

 

Publié dans Critique

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