Alexandre et Jean-Baptiste

Publié le par Yves POEY

Alexandre et Jean-Baptiste

Le rapport entre l'exposition "Le musée des monuments français d'Alexandre Lenoir", actuellement proposée au Musée du Louvre, et le monde du théâtre en général et Molière en particulier ?
Vous l'allez bientôt comprendre.

Alexandre Lenoir (1761-1839), peintre de formation, eut l'idée sous la Révolution française de rassembler au couvent des Petits-Augustins des œuvres dignes selon lui d'illustrer ce qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui « le roman national ».

C'est ainsi que naquit son idée de « Musée des monuments français ».
Ce fut d'ailleurs le deuxième musée national fondé en France, après le Louvre.

En un mot comme en cent, il s'agissait certes de protéger ce qui pouvait l'être des révolutionnaires, mais également de glorifier, voire sublimer un passé français, quitte à s'arranger parfois quelque peu avec la réalité historique.

Il faut bien l'admettre, la conception de Lenoir est assez éloignée de ce qu'on peut maintenant appeler la « muséographie scientifique ».
Pour lui, il s'agissait de « recomposer » le passé, de créer des salles dédiées aux différents siècles écoulés, en amassant des objets, des sculptures et autres peintures.

On pourrait aujourd'hui le définir comme un créateur d'atmosphères, avec des collages d'éléments de provenances diverses et parfois un peu hétéroclites.

L'exposition reprend ce principe de salles dédiées, avec des petits « boxes », un espace par siècle.

Bon. Il faut être clair : beaucoup des œuvres exposées sont habituellement visibles au Louvre.
Le mérite des commissaires de l'expo est de les avoir rassemblées dans ces deux salles.
Quelques œuvres proviennent du Musée de Cluny, et de la Cathédrale de Saint-Denis.
Anecdotiquement, quelques objets ont été prêtés de l'étranger.

J'ai pu admirer une magnifique statue de dévotion, une « Notre Dame de la Carole », en bois avec des restes polychromes, sculptée aux alentours de 1139 et exposée d'habitude à Saint-Denis.

Une étrange Jeanne d'Arc, en buste en terre-cuite, avec un curieux couvre-chef à plumes, a également retenu mon attention.

Parmi ce fourre-tout d'oeuvres hétéroclites, figurez-vous que deux ont donc un rapport avec le théâtre en général, et M. Poquelin en particulier..

- Un grand portrait d'Alexandre Lenoir, par Pierre-Maximilien Delafontaine, qui a représenté le fondateur du musée révolutionnaire avec dans une main une urne contenant les cendres d'un certain... Molière.
(Après vérification auprès du site de référence toutmoliere.net, je confirme au passage que Poquelin a été inhumé, et non pas incinéré.)

toutmoliere.net

Portrait d'Alexandre Lenoir, par Pierre-Maxilimien Delafontaine (Huile sur toile)

Portrait d'Alexandre Lenoir, par Pierre-Maxilimien Delafontaine (Huile sur toile)

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- Un dessin à la plume de Christoffer-Willhelm Eckersberg, (1783-1853), dessin habituellement exposé à Copenhague, représentant le cénotaphe du même Molière dans le Jardin Elysée, alors mitoyen du musée de Lenoir, au couvent des Petits-Augustins.

Le sarcophage de Molière dans le jardin de l'Elysée, par Christoffer-Willhelm Eckersberg - Plume, encre et lavis

Le sarcophage de Molière dans le jardin de l'Elysée, par Christoffer-Willhelm Eckersberg - Plume, encre et lavis

La tombe de Molière (ou le cénotaphe, allez savoir...) se trouve de nos jours au cimetière du Père-Lachaise, tout à côté de celle de Jean de la Fontaine.

(c) Photo Olivier Bruchez / Flickr

(c) Photo Olivier Bruchez / Flickr

On l'aura compris, cette exposition ne sera jamais qualifiée d'expo de la décennie, mais elle mérite néanmoins d'être visitée.

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Le site de l'exposition

Alexandre et Jean-Baptiste

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