Golshifteh Farahani, une belle Persane...

Publié le par Yves POEY

(c) Getty Images -

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Je vous ai dit hier tout le bien que je pensais de l'adaptation par Gaëtan Vassart du roman éponyme "Anna Karénine" du grand Tolstoï.
Je vous ai dit également tout le bien que je pensais de Golshifteh Farahani, la remarquable comédienne qui interprète Anna.
Je voudrais revenir aujourd'hui sur le parcours pour le moins atypique, particulier, étonnant à plus d'un titre de Melle Farahani, née à Téhéran (bien entendu, on ne doit pas révéler l'âge des filles en général et celui des comédiennes en particulier).

Son papa, metteur en scène de théâtre, Behzad Farahani, la met tout d'abord devant un piano dès l'âge de cinq ans : dans la pièce de Vassart, elle joue d'ailleurs. Et plus que très bien ! Les douze années d'études de l'instrument n'y sont évidemment pas pour rien....
Mais c'est la cinéma qui, à quatorze ans l'attire pour un premier film "Le poirier".
Elle enchaîne dix-neuf films en dix ans, excusez du peu !
En 2007, c'est la révélation internationale : elle est castée par l'immense Ridley Scott, pur donner la réplique en infirmière à un certain Leonardo Di Caprio, dans "
Mensonges d'Etat".
 

(c) 20th Century Fox

(c) 20th Century Fox

Mais voyez-ce que c'est tout de même : quand on est une jeune comédienne iranienne, mettre le doigt sur le nombril de Leo peut rapporter bien des soucis.....
La participation de Golshifteh Farahani dans ce film hollywoodien va lui attirer les foudres du pouvoir iranien : lui est signifiée une interdiction temporaire de sortie du territoire et la confiscation de son passeport.
A la faveur d'un autre tournage, elle réussira à s'échapper des griffes du pouvoir.
C'est l'exil à partir de 2009. Elle adoptera la double nationalité franco-iranienne.
Elle tourne, elle tourne, notamment avec entre autres Roland Joffé, Marjane Strapi, Vincent Paronnaud, Rachid Bouchareb, Atiq Rahimi, et retrouve Ridley Scott pour interpréter l'épouse du Pharaon dans "
Exodus".

(c) 20th Century Fox

(c) 20th Century Fox

En 2015, elle commence à militer pour l'émancipation de ses concitoyennes notamment iraniennes, en posant nue en couverture du magazine "Egoïste".
Elle déclare  cette occasion :

"Paris est le seul endroit de la planète où les femmes ne se sentent pas coupables. En Orient, tu l'es tout le temps. Dès l'instant où tu ressens tes premières pulsions sexuelles." 

Golshifteh Farahani, une belle Persane...

Ce n'était pas son coup d'essai. Elle avait participé en 2012, alors en tant que révélation des "Césars" à une video dans laquelle les comédiens devaient montrer une partie de leur corps. Elle avait brièvement montré son sein droit.
Dans son pays, où elle était une star avant d'être contrainte à l'exil, la famille de la jeune femme a été harcelée par les autorités, comme le révélait le quotidien britannique
The Guardian. "Je ne voulais pas faire un acte politique. Ça l’est devenu. J’ai juste pensé : 'Soit tu es française, tu travailles en France, et tu es capable de faire ça, soit tu rentres en Iran'", confie-t-elle à Libération.

Goshifteh Farahani continuera très bientôt son parcours cinématographique (le tournage devrait commencer très bienôt) en donnant la réplique à un certain Johnny Depp, un petit jeune qui débute, dans le cinquième épisode de "Pirates des Caraïbes", sous-titré, excusez du peu, "Dead men tell no tales".
Je gage que ce sous-titre-là ne manquera pas d'interpeller le pouvoir iranien...
Les morts ne racontent pas d'histoire...

Je vous le répète : je ne saurais trop vous conseiller de courir à la Cartoucherie de Vincennes afin d'applaudir Golshifteh Farahani, qui pourrait bien devenir de plus en plus rare sur nos hexagonales planches....
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Anna Karénine - M.e.s. Gaëtan Vassart
Théâtre de la Tempête. (La Cartoucherie de Vincennes)
Jusqu'au 12 juin prochain.
Réservations :
01 43 28 36 36 
http://www.la-tempete.fr/

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Pour écouter le bel accent de Melle Farahani, je vous conseille la toute récente émission de Zoé Verdier, sur France Inter, exportée ci-dessous.
Enjoy !

(c) Photo Antonia Bozzi

(c) Photo Antonia Bozzi

Oh ! J'allais oublier : en persan, "Golshifteh" est composé de "Gol", la rose, et de "shifteh", qui signifie "épris"...
Golhisfteh, celle qui est éprise de roses....
Moi, je suis Golshiftehshifteh !

Publié dans Comédiens

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