Dans les entrailles de l'Odéon

Publié le par Yves POEY

Dans les entrailles de l'Odéon

Lundi soir dernier, j'étais invité à la désormais célèbre "Gladparty", cette soirée des plus courues qui regroupe les membres de la blogosphère théâtrophile.
A cette occasion, Gladys Lioné, l'organisatrice, avait réquisitionné l'Odéon, excusez du peu.
Le prestigieux théâtre nous accueillait, l'occasion d'une visite dans les entrailles de ce géant fondé par une certaine Marie-Antoinette, ce qui ne nous rajeunit pas...

(Nb : en cliquant sur les photos, on provoque leur agrandissement.....)

Dans les entrailles de l'Odéon

C'est vide, un théâtre, un jour de relâche !
Sur la scène, on peut voir le décor de la pièce actuellement à l'affiche à l'Odéon, "Phèdre(s)", avec Isabelle Huppert.

Je vous emmène maintenant sous la scène.

Dans les entrailles de l'Odéon

Nous voici exactement sous le plateau, avec une multitude de poteaux métalliques.
Chaque poteau peut se démonter, sans risquer un effondrement de la structure, afin de laisser la place à une trappe, si le metteur en scène en fait la demande.

Dans les entrailles de l'Odéon

Direction maintenant le plateau !

Dans les entrailles de l'Odéon

Curieuse et saisissante impression !
Combien de comédiens prestigieux ont foulé ces planches !
Et puis, voir de l'autre côté du manteau d'Arlequin est très impressionnant.
Des frissons dans le dos !

Direction maintenant la coulisse, côté jardin.

Dans les entrailles de l'Odéon

Tiens, une "conduite" qui traîne....
Ci-dessous, l'envers du décor.
il s'agit de l'envers du "mur" côté jardin, avec vue sur les cintres.

Il est à noter que tout ce décor sera prochainement démonté, rangé dans des containers, puis envoyé à Londres et New-york où la pièce sera prochainement donnée.

Dans les entrailles de l'Odéon

Dans la coulisse, on trouve tout un tas de choses plus intéressantes les unes que les autres....
Des flight-cases. Beaucoup de flight-cases !

Dans les entrailles de l'Odéon

Un contrôleur AMG-Féchoz :

Dans les entrailles de l'Odéon

Cette console numérique permet de contrôler et commander des éléments de décor motorisés sur scène.
On rencontre également des équipement "bizarres" :

Dans les entrailles de l'Odéon

Nicolas Minssen, Directeur technique de l'Odéon nous a expliqué à quoi servait cette espèce de "barre" digne de celle que l'on trouve sur la frégate "l'Hermione".
Dans "Phèdres(s)", à un certain moment de la mise en scène, un gigantesque "cube" vide permettant de créer une scène dans la scène doit être avancé très lentement au moyen du contrôleur mentionné plus haut et d'un moteur électrique puissant (au passage mis au point par deux jeunes ingénieurs Lyonnais.)
Nicolas leur a donc demandé ce qui se passerait si leur moteur tombait en panne.
La réponse a bien évidemment fusé : "Il ne tombera jamais en panne !".
Cependant, les techniciens-maison ne pouvant pas prendre de risque ont imaginé et conçu ce système manuel (au cas où...), piloté par ce volant métallique relié au "cube" par une gosse chaîne.

C'est là une des grandes fiertés des techniciens : ils ont beau utiliser des technologies à la fois de pointe, numériques, électroniques, informatiques et de plus en plus sophistiquées, concevoir ces systèmes manuels dignes du XVIIIème siècle reste toujours pour eux une grande satisfaction.
Et puis, on trouve des éléments encore plus inattendus :

Dans les entrailles de l'Odéon

Et puis, pour terminer, un petit tour dans les cintres :

Dans les entrailles de l'Odéon

Du haut de ces cintres, vingt mètres nous contemplent !
C'est là que sont hissés ou descendus les élements de décor lors des changements intervenant pendant une représentation.
J'en profite pour vous faire remarquer le ridaeu pare-flammes métallique d'une masse de deux tonnes, qui est systématiquement baissé chaque soir, afin d'isoler la scène de la salle, en cas d'incendie.

Je terminerai en vous rappelant que comme à la Comédie-Française, la scène n'est jamais totalement plongée dans l'obscurité.
Même s'il n'y a pas de représentation ou de répétition, une "servante" (une ampoule électrique montée sur un montant métallique) est là pour éclairer faiblement le plateau.
C'est une manière de rappeler qu'il se passe toujours quelque chose, une façon d'honorer tous ceux qui ont foulé ces planches.
Et puis, cette petite lueur permet également aux fantômes de voir un peu clair. Leur vie n'est pas toujours des plus faciles...

Dans les entrailles de l'Odéon

Des bises et un grand merci à Gladys Lioné, l'organisatrice de cette soirée, ainsi qu'à Fanny Gauthier, chargée du développement des publics et des réseaux sociaux à l'Odéon !

Publié dans Rencontre

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