Alexandrins au Château (Acte V)

Publié le par Yves POEY

Zlatan, chignon défait, annonçant son départ à Laurent, le directeur de l'école de gladiateurs du PSG. (Huile sur toile) -

Zlatan, chignon défait, annonçant son départ à Laurent, le directeur de l'école de gladiateurs du PSG. (Huile sur toile) -

Alors que Maître Pierre, le Patron de la puissante et redoutée Guilde des Patrons avait exposé à Manuel, le co-adjuteur du Royaume de France, son idée qu'il trouvait assez bonne de pratiquement rétablir l'esclavage, (c'était ici), le petit monde des gladiateurs de balle aux pieds et de leurs supporters était en émoi.
Il faut dire aussi que c'était une activité fort prisée au Royaume en particulier, et sur le restant de la planète en général.
Ceci expliquait cela...

Le COP de l'Arène des Princes, terrain de jeu des gladiateurs du PSG (Eau forte)

Le COP de l'Arène des Princes, terrain de jeu des gladiateurs du PSG (Eau forte)

Acte V

 

Personnages

 

Zlatan, Gladiateur de balle aux pieds, faisant tomber en pâmoison les admiratrices de ce sport, à qui il laisse parfois toucher son chignon, si elles le demandent bien poliment.

Karim, autre Gladiateur de balle aux pieds, dont la principale préoccupation semble être de faire se demander à ses admirateurs s'il sera sélectionné dans l'équipe du Royaume de France .

Frank, autre Gladiateur de balle aux pieds, au visage et à la syntaxe pareillement originaux.

 

Prologue


La Nourrice

 

Elle entre sur scène. Elle pleure. Elle est désespérée.

 

Le Firmament gronda, les ténèbres surgirent,

Provoquant mon courroux, mon désarroi, mon ire !
Tel un coup de massue, la terrible nouvelle

Sur tous les moniteurs courut à tire-d'aile.

Mon petit s'en allait de notre capitale !
Ah ! Madame Hidalgo, mais quel drame fatal...
Que va-t-il devenir, lui toujours sans défense,
Lui et son bel accent. (Je le dis sans offense...)
Ô mon petit Zlatan, ceci est impossible,
Tu provoques émoi et douleur indicibles...
Comme elle va nous manquer, ta belle queue d'cheval,

Je précise : chignon ! C'est sans penser à mal...
Je l'ai donc élevé, au bib'ron, à la balle

Pour qu'il fiche son camp, comme un piteux trou d'balle ?
Ô Ingratitude quand tes coups nous assènes,
L'Univers entier s'écroule sur la scène.
Je dois donc vous quitter, je deviens zinzin,

Je le vois qui arrive, avec son beau cousin.

 

Elle sort .

 

Scène 1

 

Le vestiaire N°3, à l'école des Gladiateurs du PSG

 

Zlatan

 

d'une voix rocailleuse, à l'accent à la fois du pays du köttbullar et celui du svinjtina

 

Ah ! Je n'en puis plus, Je te le dis, Karim

Tout ce bruit, ce sport, et toute cette frime...
Je ne suis plus content, je gagne trop d'argent

Je veux en monastère retraiter à Saint-Jean.

 

Karim

 

d'une vois rocailleuse aussi.

 

Je ne te comprends pas, mon bon cousin Zlatan,

Oui, tu mériterais un bon coup de tatane !
De la balle au pied tu tirais avantage,
Ahima ! Mon frère ! Pense à ton héritage !

 

Zlatan

 

Excédé

 

Mais je t'en supplie ! Arrête d'insister !
Je veux à nouveau vivre et tenter d'exister.
Impensable pour moi d'aller chercher mon pain

Je dois me déguiser, en robe et escarpins...

 

Karim

 

M'enfin, mon bon Ibrah', ne dis quand même pas
Que de tes supportrices ignorais les appâs !
Quand tu claquais des doigts, c'en est cent, c'en est mille

Qui accouraient céans pour rejoindre ton île !
 

Zlatan

 

De plus en plus excédé

 

En vérité, Karim, c'est ma décision

Point ne reviendrai sur cette occasion.
Je quitte ce Paris, tout rempli de touristes,

Pour aller méditer chez les frères trappistes.

 

Scène 2

 

Les mêmes plus Franck.

 

Franck

 

Il porte un casque de baladeur MP3 sur les oreilles, et mâche un énorme chewing-gum avec force bruit

 

Ziva, brother, mais quoi ! Je rêve ou tu hésites ?
J'te comprends même pas ! Par quel trouble transites ?
Mais souviens-toi donc de notre activité.
Pense aux beaux à-côtés, à ces félicités...
Outre le carnaval, de Rio, de Bahia,
Réfléchis donc un peu à la belle Zahia !
C'est là tu avoueras bien mieux qu'un Perrier,

Ah ! Qu'il peut être doux, le repos du guerrier...
Zarma, à ta place, rien que pour cela,
Je foncerais tout droit ! C'est évident ! Oualla !

Zlatan,

 

Il a enfin compris la plaidoirie des deux autres gladiateurs de balle aux pieds.

 

Ô mes bons avocats, comme vous parlez juste,

Après l'abattement, je regonfle le buste !

Oui je vous remercie pour tout ce réconfort,

Grâce à vous, tous les deux, je redeviens fort !
Je prends ma valise tout en polyester,
Mon maillot mes crampons, je file à Manchester.

 

Ils sortent tous les trois, se congratulant.

 

Scène 3

La Nourrice

 

Ah ! Mais quelle allégresse, et quelle joie aussi,

De ce revirement, me réjouis ici !

Il faut bien que tu passes, ô jeunesse folle,
Même si les nourrices bien en vain affoles !

Oui, je l'accompagne, mon tendre champion,

Ne le laisse pas seul en perfide Albion !
En tout cas, je le dis, il faut que je m'équipe,
Pour traverser la Manche en ferry, pas en skip.
Cependant un détail me chagrine vraiment.
Comment ! (Ne dites pas que je prends ça gaiement !)
Ce qui m'embête un peu ? Il faudra que je couine,

D'un air très inspiré le vil « God Save the Queen » !

 

A suivre......

Le petit Zlatan, qui n'avait pas encore eu l'idée du chignon, expliquant à ses condisciples devant un parterre d'admiratrices en pâmoison le principe de la phase du jet de touche, à la Balle aux Pieds. (Gravure sur bois)

Le petit Zlatan, qui n'avait pas encore eu l'idée du chignon, expliquant à ses condisciples devant un parterre d'admiratrices en pâmoison le principe de la phase du jet de touche, à la Balle aux Pieds. (Gravure sur bois)

Publié dans Tragédie

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