Rencontre avec Salomé Villiers et ses camarades de scène

Publié le par Yves POEY

Rencontre avec Salomé Villiers et ses camarades de scène

Vendredi 22 avril dernier, à l'issue de la pièce "Le jeu de l'amour et du hasard", la metteure en scène Salomé Villiers et ses quatre petits camarades de jeu sont revenus sur scène après les applaudissements (nourris, les applauses, très nourris....) afin d'échanger avec les quelques passionnés de théâtre restés les écouter.

Votre serviteur en faisait partie, et en a profité pour poser quelques questions à la troupe.

Melle Villiers, pourquoi cette pièce ? Marivaux a écrit de nombreuses pièces traitant des enjeux sociétaux de son époque. Pourquoi "Le jeu de l'amour et du hasard" ?

Salomé Villiers : C'est une pièce qui me suit et m'habite depuis mon adolescence.
J'ai grandi avec.
Je l'ai étudiée assez tôt, en classe, sans forcément en comprendre tout d'abord les enjeux, et je l'ai retrouvée, notamment sous la direction de mon professeur Philippe Perrussel, ici présent.

[NDLR : il interprète dans cette production le rôle d'Orgon, le pater familias]

Ce n'est que là, véritablement que j'ai compris les enjeux de cette pièce.

Justement, quels sont ces enjeux qui ont présidé aux parti-pris de votre mise en scène ?

S.V. : Tout d'abord, il ne m'a évidemment pas échappé qu'on était en présence de cette lutte de classes qui agitait alors ce XVIIIème siècle.
Marivaux a compris et illustré parfaitement cet antagonisme des classes : ici les maîtres et les valets échangent leurs places, mais tout rentre vite dans l'ordre. Il n'est pas question pour les personnages de transgresser leur condition.
On n'assiste pas à une "happy end" !

C'est pourquoi j'ai choisi de transposer l'action en plein essor de la Pop/Rock, une époque moderne, où cette lutte des classes existe, mais qui ne dit pas son nom.
Cette pièce est d'une étonnante modernité.

Mais l'intéressant également, c'est que tous les personnages défendent quelque chose.

Notamment les femmes. C'est une pièce féministe : les filles ont une sorte d'intelligence du coeur, mais elles savent ce qu'elles veulent, elles assument, et au final, l'obtiennent !

Philippe Perrussel : Jouvet disait "Chez Marivaux, les rôles féminins sont faites pour des brunes."
II ne parlait pas bien sûr par opposition aux "Blondes" mais prenait le terme de "Brunes" comme "Femmes de caractère".
Il faut du caractère pour interpréter les personnages féminins de cet auteur.


S.V. : Marivaux a ouvert le bal sur une révolution féministe qui débouchera sur une révolution humaniste.

Dans votre mise en scène, vous avez également choisi d'intégrer des clips-video très drôles.
Pourquoi ?


S.V. : Le cinéma, la video, c'est le gros plan.
J'ai voulu montrer ce qu'autrement le public ne pouvait pas voir.
On est au plus près des personnages, et l'on sait ce qu'il font entre les actes, on les voit se rencontrer, ce qui ne peut être dit dans une mise en scène "traditionnelle".

Quels sont vos projets ?

S.V. : Tout d'abord, nous nous sommes constitués en compagnie, et nous allons reprendre cette pièce en Avignon, dans la salle du Roi-René, à partir du 4 juillet prochain, à 17h45.

Et sur un plan un peu plus lointain, en terme de nouvelle mise en scène ?

S.V. : Oh, j'ai déjà quelques idées !

----------------
Le jeu de l'amour et du hasard.
Théâtre du Lucernaire - Salle rouge.
Jusqu'au 4 juin prochain, 20h00

http://www.lucernaire.fr/a-l-affiche/305-le-jeu-de-l-amour-et-du-hasard.html

Salomé Villiers

Salomé Villiers

Rencontre avec Salomé Villiers et ses camarades de scène

Publié dans Rencontre

Commenter cet article