Les cavaliers

Publié le par Yves POEY

Les cavaliers

Vous avez toujours rêvé de longues chevauchées dans l'immensité de la steppe afghane ?

Vous avez toujours voulu assister en V.I.P. au Bouzkachi du Roi, ce rude tournoi au cours duquel soixante cavaliers tentent de s'emparer d'une carcasse de mouton décapité ?

Vous avez toujours souhaité vous plonger avec délectation dans la culture de l'Afghanistan, ses traditions, ses coutumes, son histoire et ses senteurs ?

Une seule solution : vous ruer toutes affaires cessantes au théâtre La Bruyère, où Eric Bouvron, assisté de Anne Bourgeois, a osé le pari fou d'adapter le roman éponyme de Joseph Kessel, un pavé merveilleux de six-cents pages, pour le transformer en une pièce de théâtre d'une heure vingt.

Si ça fonctionne ?
Au delà de toutes mes espérances !

Avec trois autres comédiens, quelques accessoires, quelques costumes, nous y sommes.
C'est même troublant ce dépaysement qui s'opère sur scène et dans la salle.
Tout semble réel, tout semble vrai.
Même les chevaux sont là, même Jehol, l'étalon fou !

Le voyage initiatique d'Ouroz retournant affronter son père, cette quête semée d'embûches, de rencontres, de sacrifices, ce périlleux et onirique périple, c'est le nôtre.
Cette aventure humaine, c'est notre aventure, c'est notre chemin.

Bouvron cite en permanence Kessel, et cette phrase résonne dans nos têtes en fin de spectacle : « La fin du voyage n'est rien, ce qui importe, c'est la chemin. »

Il faut absolument mentionner Khalid K., qui sur et hors scène, crée une très belle partition musicale et vocale, générant de magnifiques ambiances sonores, grâce à un sampler-looper : tous ces éléments vont contribuer grandement à créer l'illusion.
Si d'ailleurs vous faites partie des derniers spectateurs à quitter la salle, cet acteur-musicien vous laissera essayer son micro et son système numérique : ce fut le cas pour votre serviteur qui a eu le privilège d'être « auto-samplé » en direct....

Au final, ce fut une magnifique soirée, un dépaysement intégral, un voyage total dans les univers de Joseph Kessel et d'Eric Bouvron.

On comprend d'ailleurs aisément pourquoi ce dernier vient d'être nommé aux Molière 2016, dans la catégorie « Metteur en scène de théâtre privé » et sa pièce dans le Molière 2016 dans la catégorie «Pièce de Théâtre privé »....

Publié dans Critique

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