Le Cid

Publié le par Yves POEY

Le Cid

Oui, ce soir encore, il en avait du coeur, le Rodrigue !


Quant à nous, spectateurs, nous partîmes deux, mais par un prompt renfort, nous nous vîmes trois-cent-cinquante en arrivant au théâtre Michel, puisque la salle était archi-comble !

 

Le parti pris de Jean-Philippe Daguerre, le metteur en scène de ce Cid décoiffant, est simple, assumé, et pédagogique :

« l'idée, c'est de revisiter ces classiques avec une dimension rythmée et moderne, afin de les faire partager à toutes les générations. »


Et en terme de rythme et de modernité, nous avons été servis ! Et très bien servis !

 

C'est en effet l'objectif de cette troupe « Le grenier de Babouchka » que de proposer ces pièces qui traversent les siècles, mais qui ont besoin d'être un peu « bousculées » afin de les coller à l'air du temps, démontrant ainsi leur universalité.

 

Et paradoxalement, on retrouve avec cette démarche en général, et dans cette mise en scène en particulier, l'origine du théâtre : la farce, l'aspect brut, accessible à tous, ce sentiment d'immédiateté, sans afféterie ni affectation.


Ca pulse ! Ca bouge ! Les corps se touchent, s'attirent, se repoussent ! (Ah ! Ces beaux combats à l'épée, sur scène ! )


On ne s'ennuie pas un seul instant ! Bien au contraire !

Car évidemment, un « Corneille » où l'on s'ennuie est un « Corneille » raté...

 

Les comédiens, justes, passant l'alexandrin de façon naturelle, nous comblent.

On sent bien qu'ils s'amusent, ensemble, en troupe.

 

Et nous aussi, on s'amuse. N'oublions pas que l'auteur définit sa pièce comme une « tragi-comédie ».


Mention spéciale à Don Fernand, le roi, interprété par Alexandre Bonstein 
Jean-Philippe Daguerre en a fait une sorte de précieux bouffon efféminé, doté d'un zézaiement irrésistible.
A aucun moment, il ne réussira à prononcer le nom de l'héroïne, se contentant d'un « sssschchchchimène » drôlissime !

 

Une autre trouvaille scénographique qui m'a beaucoup plu :

On parle beaucoup au théâtre des trois unités.
Daguerre en a introduit une quatrième : l'unité de couleur. Tous les costumes (aussi bien masculins que féminins) sont déclinés en un camaïeu de rouge et de pourpre du plus bel effet.

 

Je vous recommande également les deux musiciens qui tout au long du spectacle, ponctuent de belle façon les péripéties de l'intrigue.

 

Dans la salle, au moment du salut final, les nombreux et tout jeunes spectateurs applaudissaient à tout rompre !
C'est un signe qui ne trompe pas !

Publié dans Critique

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Corneille 26/04/2016 16:46

On me sers bien