La vie de Toulouse-Lautrec

Publié le par Yves POEY

La vie de Toulouse-Lautrec

Peut-on raconter au théâtre la vie de Toulouse-Lautrec en une succession de petits tableaux ?
(Vous me direz que des petits tableaux pour évoquer la vie d'un peintre...)

C'est en effet le parti-pris de Maurice Lamy, qui a écrit et mis en scène ce "biopic scénique".
Cette heure et quart compte au moins trente petites saynètes, entrecoupées de noir total, et d'un narrateur invisible qui semble lire une fiche Wikipedia sur un ton monocorde et avec une diction parfois un peu approximative.

Côté jardin, l'atelier du peintre, avec pinceaux, chevalet, ainsi qu'un paravent qui dissimule la dive bouteille.
Côté cour, une table où l'artiste écrit sa correspondance.

Au milieu un fauteuil, qui va accueillir le vrai personnage principal : Adèle, la mère du peintre.

Le talent des deux comédiens n'est évidemment pas en cause : Maurice Lamy, qu'on connaît bien, étonne par la ressemblance avec les portraits connus de l'artiste, et son jeu sonne juste : on est souvent ému par son évocation des difficultés rencontrées, la non-reconnaissance artistique, les périodes de doute du peintre et surtout, la solitude.
Cette solitude qu'il semble désirer à tout prix, mais qui lui pèse tellement...

Martine Delor, la maman, est glaçante à souhait en mère issue de la noblesse albigeoise, tenante du classicisme face à l'innovation picturale de son fiston.

Maurice Lamy a écrit un texte intéressant, mais qui selon moi, se disperse et saupoudre la biographie, au lieu de s'attarder sur un point particulier, au lieu de choisir un cap, un angle, un parti.
C'est son choix.
Comme j'aurais aimé, sans être amoureux fou de la psychanalyse, que soient évoquées plus précisément et plus longuement les étonnantes relations de ces deux-là.

Au final, on sort du petit théâtre du Gymnase en restant un peu sur sa faim.

La peinture à l'huile, c'est bien difficile.
L'art de la mise en scène aussi.

Publié dans Critique

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