La musica - La musica deuxième

Publié le par Yves POEY

La musica - La musica deuxième

Forcément.
Pour Duras aussi.
Comme à chaque fois.
Je lis.
Je lis la pièce avant de la voir.
La voir sur scène.
Forcément.

Dans l'édition originale de « La Musica Deuxième », (composée et achevée d'imprimer par l'imprimerie Floch, le 17 mai 1985, dépôt légal avril 1985, N° d'Imprimeur 22998, ISBN 2-07-070445/9, les amateurs de précision se régalent), à la page 96, Marguerite Duras expose clairement ses intentions :
« [….], sans un baiser, je les ferai parler des heures, [….] »
Un peu plus bas :
«La Musica durait 50 minutes
La Musica Deuxième dure 1h40 »

Dans cette mise en scène du russe Anatoli Vassiliev qui, je trouve, vire très vite à l'ennui, les deux acteurs s'embrassent et sont sur scène pendant près de deux cents minutes. Oui, près de 3h30 !

Alors forcément, se pose une question à laquelle je vous propose de répondre : un metteur en scène a-t-il le pouvoir et le droit de trahir ainsi un auteur qui a indiqué aussi clairement ses désirs ?

Alors on me dira, oui, au théâtre, il faut de la distanciation, il faut provoquer le public...
D'accord ! Entièrement d'accord ! Mais en respectant les volontés de l'auteur.
C'est mon avis et je le partage !

(Et puis dans le registre provocation, M. Vassiliev, vous repasserez : votre couple derrière la fenêtre est nu... Provocation ? Il y a longtemps que la nudité gratuite au théâtre ne provoque plus personne...)

Non, définitivement non ! Je n'ai pas aimé. Je me suis férocement ennuyé.
C'est looooooooooooooong ! Ces silences deviennent insupportables.
Cette diction hachée (on se croirait parfois chez un orthophoniste en plein exercice) est terriblement lassante. On en perd même et souvent le fil du texte durassien.

Ca commençait pourtant bien, la pièce débute lumières de la salle allumées, les acteurs commencent aussitôt, le public est en quelque sorte associé au début de la pièce...
On voudrait s'intéresser à cet homme et cette femme qui se sont aimés et se retrouvent dans un hôtel d'Evreux...

Et puis tout se gâte très vite.
Jusqu'à la fin où Vassiliev fait chanter et jouer au piano les deux personnages.
A quoi bon ?

Vraiment, quel dommage ! Je n'ai pas du tout adhéré à cette proposition.

Thierry Hancisse, Florence Viala, qu'on aime tant tous les deux, qu'alliez-vous faire dans cette galère que j'oserai qualifier de « Marguerite du Russe » ?

Publié dans Critique

Commenter cet article