La maison de Bernarda Alba

Publié le par Yves POEY

La maison de Bernarda Alba

Parfois, une constatation s'impose à vous, amateur de théâtre que vous êtes : vous venez de vivre des moments qui resteront dans l'histoire de la mise en scène.

Je pense qu'hier, j'ai vécu de ces moments-là : des moments de bonheur, de beauté, d'émotion. Car ici, la beauté formelle s'accorde pleinement avec la beauté du texte de Garcia Lorca. Cette danse au clair de lune, sous les fenêtres de la maison, cette danse-là restera longtemps dans les esprits. Ce que propose Lilo Baur, la metteure en scène, vous prend aux tripes et vous propulse dans une dimension d'universalité des caractères. Elle a su, non pas s'enfermer dans un "manichéisme des sentiments", mais au contraire faire ressortir l'ambivalence de la situation : la plupart des femmes semblent subir, certes, le poids de la tradition, mais l'accepter avec résignation.

A part une. A part la jeune Adela, à qui la comédienne Adeline D'Hermy impulse une troublante vérité. A part cette Adela qui choisira le jusqu'au-boutisme. Mais toutes les comédiennes sont véritablement incroyables de justesse et d'intensité, du plus petit rôle à celui, principal, interprété par Cécile Brune, qui m'a vraiment ému, à la toute fin, lorsque qu'elle révèle les faiblesses de son personnage, alors que tout au long de la pièce, elle s'impose en mégère pas du tout apprivoisée.

Une mention toute particulière pour Florence Viala qui incarne la mère folle (si folle que ça ?) de Bernarda : elle est à la fois méconnaissable et prodigieuse. Enfin, pour conclure, je me répète : c'est tout simplement beau ! Et par les temps qui courent, une heure de pure beauté, c'est toujours bon à prendre !

Publié dans Critique

Commenter cet article