Ivanov

Publié le par Yves POEY

Ivanov

A l'est, rien de nouveau...

Ivanov cultive toujours sa dépression.
Ivanov est toujours aussi mélancolique, neurasthénique. En un verbe comme en cent, il s'emm... il s'ennuie grave !
Ivanov est toujours le antihéros parfait, qui ne peut (ou qui refuse) de trouver le bonheur...
Un type qu'on aime détester.

Cette reprise de la mise en scène de Luc Bondy, à l'Odéon, m'a laissé la même impression que la dernière saison.
Même avec un casting d'enfer, même avec une direction d'acteurs époustouflante, même avec des décors magnifiques et épurés, même avec tout ceci, je n'ai pu m'empêcher de ressentir ce curieux sentiment : le sentiment qu'en ayant voulu trop bien faire, Bondy est passé un peu à côté de la proposition...

Côté acteurs, certes, Bondy arrive à tirer d'eux de véritables moments de grâce. Et quels moments ! Et quelle grâce !
Combien sont-ils de metteurs en scène à pouvoir emmener des comédiens là où il les emmène ?
La scène entre les époustouflants Micha Lescot et Marina Hands confine au sublime.

Leurs camarades sont à l'avenant : ils sont parfaits, les Yannick Landrein en médecin moralisateur et donneur de leçons, Ariel Garcia Valdes en comte alcoolique et désabusé, Chantal Neuwirth (que j'adore) en pique-assiette pathétique, Marcel Bozonnet, Christiane Cohendy, etc, etc.

C'est pour eux qu'il faut bien entendu aller voir cette pièce : pour ces comédiens magnifiques, et cette admirable direction d'acteur.

Il n'empêche : une légère frustration persiste lorsque le noir final arrive.
Et puis, il faut bien le dire, quelques longueurs provoquent aussi chez le spectateur un peu d'ennui...
Tchekov écrit cette pièce à 27 ans, se décrit lui-même, et l'on sait bien que le texte ne compte pas parmi ses plus percutants.

Il reste qu'en dernier bilan, ce fut une vraie belle soirée avec de vrais moments de théâtre.
On vous raconte une histoire, et ceux qui vous la racontent vous la racontent bien.

Publié dans Critique

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