Barbara et l'homme en habit rouge

Publié le par Yves POEY

Barbara et l'homme en habit rouge

Il fallait bien cet homme en habit rouge pour concevoir un spectacle à la mémoire de la dame en noir.

Cet homme en habit rouge, c'est Roland Romanelli.
Compagnon de tournée de Barbara pendant vingt ans.
Compagnon tout court pendant huit.

S'il en est un qui l'a bien connue et qui peut en parler en connaissance de cause, c'est bien lui.
C'est d'ailleurs le propos de la voix-off d'Eric-Emmanuel Schmitt, le metteur en scène, avant le lever de rideau.

Encore fallait-il, pour monter ce récital, trouver une interprète.
Romanelli l'a trouvée : c'est son actuelle compagne, Rebecca Mai.
Si ça fonctionne ? Ah oui, alors !

Rebecca, accompagné de son homme à l'accordéon et au piano, de Jean-Philippe Audin au violoncelle recrée de brillante façon le monde de la monstresse sacrée !
Toutes les grandes chansons sont là, et grâce à la mise en scène intelligente de Schmitt, l'hommage est parfait.

Il n'est pour s'en rendre compte, que de constater que tous les fans participent en chantant à mi-voix les chansons.
Un petit bémol : les textes de Romanelli sont parfois un peu faibles, et dits d'une voix qui gagnerait à être plus assurée, moins monocorde. Dire un texte, c'est un métier. Mais passons.

Les lumières de Jacques Rouveyrollis, la video d'Antoine Manichon participent à la réussite du spectacle.

Sans oublier des extraits d'interviews de la Barbara qui viennent fort à propos ponctuer le récital, pendant qu'un rocking-chair se balance seul. Un très bel effet.

Au final, beaucoup d'émotion de retrouver l'interprète de l'Aigle Noir, de Göttingen, de la Petite Cantate, et bien d'autres « tubes ».

Oui, définitivement oui, Barbara fait partie de notre patrimoine commun !

Barbara et l'homme en habit rouge

Avant de vous rendre à vos occupations, j'aimerais encore vous faire perdre un peu de votre précieux temps avec une anecdote personnelle.

Je l'avais rencontrée chez elle, Barbara, vers la fin de sa vie, dans son petit village seine-et-marnais de Précy-Sur-Marne.

A l'époque, le maire de Précy n'était autre que le chanteur dont la guitare le démangeait bien trop souvent, je veux bien sûr parler d'Yves Duteil.
Duteil, très engagé à droite, ne portait pas Barbara dans son coeur, elle qui fut un soutien inconditionnel de François Mitterrand.

Elle le lui rendait bien : elle détestait cordialement le maire-chanteur.

En tant que militante engagée de la lutte contre le SIDA, elle m'avait raconté ceci :

Par testament, elle avait stipulé qu'à sa mort, sur le comptoir d'accueil de la mairie de Duteil, serait déposée une corbeille qui devait toujours être remplie de préservatifs.

Je pense que cette corbeille est toujours en place.

Publié dans Critique

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*** 27/04/2016 14:32

J'aurai aimé voir la réaction de Duteil

Yves POEY 27/04/2016 14:33

Oui, il a été assez fumasse...
Même après sa mort, elle l'ennuyait....

Homme en habit rouge 27/04/2016 11:12

L'anecdote est excellentissime !