Alexandrins au Château (Acte II)

Publié le par Yves POEY

Réunion amicale au parti de la Droite. (Huile sur toile)

Réunion amicale au parti de la Droite. (Huile sur toile)

Au Château, le doute s'installait.
Le monarque François IV et son co-adjuteur Manuel devaient trouver le moyen de prolonger leur règne en 2017.
Nous avions eu écho de ces péripéties
ici-même.
Au parti de la Droite, les choses n'allaient guère mieux. Les prétendants au trône proliféraient...

Alexandrins au Château (Acte II)

Prologue


Nourrice

 

Entendez-vous, au loin, tous ces cris déchirants ?

Mes chers enfants nous donnent un sabbat délirant !

Tels les maudits Atrides, ils s'écharpent, ils s'étripent,

La quête du pouvoir engendre un mauvais trip.

A l'actuel souverain, le trône voudraient ravir,

La place est convoitée, tous veulent s'appeler « Sire » !

Or ça ! Je les entends ! Je m'en vais, je m'éclipse,

Je les laisse parler, et vais manger mes chips.

 

Scène 1

 

Nicolas, ex-souverain du royaume. François IV, l'actuel, le lui ravit, non pas tant pour ses mérites propres, mais bien à cause de la détestation qu'inspira Nicolas à ses sujets.

 

Alain, ex-coadjuteur du roi Jacques 1er, à qui il fut redevable d'un long exil au pays des castors et du sirop d'érable.

 

Nicolas

 

Dis-moi donc, cher Alain, avec ton luisant crâne,

Jeunesse veux incarner, tu te vantes et tu crânes ?

Ah ! Mais ! Oublies-tu donc, voici deux décennies,

Deux millions de personnes te dirent « Que nenni » ?

 

Alain

 

Mon très cher Nicolas, moi, ma mémoire est bonne.

Je te le dis en face, tes casserol' foisonnent !

Sans compter qu'aujourd'hui, tu n'as plus de secours,

Et ne peux plus sonner chez Mamie Bettencourt !

 

Nicolas

haussant l'épaule, se hissant sur ses talonnettes.

 

Le coup est bien bas ! Point donc, tu n'hésitas...
Allons nous consoler dans les bras d'Carlita !

 

Alain

 

La réponse est facile, son épouse à bon dos.

Préparez mon bagage ! Je retourne à Bordeaux !

 

Ils sortent.

 

Scène 2

 

Entrent François F., Bruno et Rama.

 

François F., ancien co-adjuteur du royaume de Nicolas 1er, qui lui fit avaler bien des couleuvres. Il nourrit de sombres desseins.

 

Bruno, autre prétendant au trône. Il fut ministre de la paysannerie de François F.

 

Rama, qui vient de se déclarer. Elle présida à la destinée des affaires étrangères du royaume, très peu des droits de l'homme et pour finir à celle des sportifs, elle aussi sous l'administration de François F.

 

François F.

 

Ah comme il est grand temps que de tous mes mérites

On retienne la liste, et qu'enfin, on me cite !

Je suis gonflé à bloc, oui, je ris, oui, j'exulte. 

Qu'on me vante, qu'on me loue, qu'on me rende un vrai culte.

Dans l'ombre trop longtemps suis resté confiné

Je voudrais tant qu'on m'aime ! C'est fort simple, in fine...
Garde-toi Nicolas, de toi j'en ai pâtis.

Fais très attention à tous tes abattis !

 

Bruno

 

Qu'en douce je rigole ! Moi, je suis tout nouveau.

De la droite alanguie, je veux hisser le niveau.

Ce n'sont pas les idées (j'en ai mille) qui me manquent,

Vous l'allez voir, je ne suis pas un branque !

C'est ainsi qu'avant-hier une lueur me vint.

Les demandeurs d'emploi, ils sont plus de cent-vingt,

Je veux qu'on les contrôle tous ces allocataires !

Que leur compte-en banque ils ne puissent plus taire.
C'est beaucoup moins risqué, je vous le dis franco

Que d'aller enquêter aux paradis fiscaux !

 

Rama

 

Or donc, mes jouvenceaux, il faudrait sans dommage

Vous laisser disputer l'accession au fromage ?

Ne comptez-pas sur moi, ce serait trop facile

Une blonde ne suis, point ne fais l'imbécile.

Vous m'aurez dans les jambes, je vous le garantis,

A vous, qui, comme tous, êtes nés fort nantis !

 

Scène 3

 

Nourrice

Elle sanglote

 

Ô Dieux en colère, fallait-il m'infliger

Ces infâmes tourments qui me rendent affligée ?

Oh ! Ces ambitions, jamais ne les conteste,

Mes larmes ne retiens, voyant qu'ils se détestent...

Et pour cette primaire, qui les esprits noircit

Je propose un système, j'espère qu'on l'apprécie....

Au lieu qu'ils s'apostrophent, se mordent et se chamaillent,

Pourquoi ne pas tirer, oui......... à la courte paille ?

 

A suivre......

Alexandrins au Château (Acte II)

Publié dans Tragédie

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Yves POEY 30/04/2016 08:48

Un grand merci à Cécile Brune, sociétaire de la Comédie Française, qui s'est penchée sur ces alexandrins, et qui en a corrigé quelques-uns....
La métrique, c'est un métier, vous dis-je !