20.000 lieues sous les mers

Publié le par Yves POEY

20.000 lieues sous les mers

Aux postes de plongée ! Purgez les ballasts !

C'est à une véritable immersion (aux sens propre et figuré du terme) que nous convient Christian Hecq et Valérie Lesort, au Théâtre du Vieux-Colombier.

En décidant d'adapter le cultissime roman "20.000 lieues sous les mers" sur les planches de la Comédie Française, Hecq et sa comparse plasticienne nous emmènent au fin fond des océans, grâce notamment à la manipulation de marionnettes plus ou moins géantes.

Et de mon point de vue, c'est bien ce mélange de différentes techniques artistiques (comédie, marionnettes, mais aussi effets lumineux, mime....) qui procure la joie du public.
Le texte, l'histoire n'ont en l'occurrence aucune espèce d'importance : si des situations entre comédiens procurent certes bien des rires, ce sont avant tout les scènes avec des poissons en mousse, des méduses en tissus, des morceaux de kraken en latex qui nous fournissent tout notre content d'humour, mais aussi de poésie, de lyrisme et donc de plaisir.

Comment en effet ne pas être bluffé par les comédiens-manipulateurs et les trouvailles scénographiques de cette nouvelle production du Français ?
Comment ne pas être séduit par la pleine et judicieuse utilisation des moyens techniques de cette belle salle ? (Le décor steampunk d'Eric Ruf est vraiment réussi !)

Tout ceci est beau, c'est intelligent, c'est original !

Christian Hecq, qui laissera une vraie marque dans l'histoire de la Maison en tant qu'inoubliable Bouzin dans la version du "Fil à la patte" de Jérôme Deschamps, Christian Hecq, donc, déploie une nouvelle fois et sans réserve sa vis comica !
Les scènes entre le Capitaine Némo qu'il incarne, et son second (Louis Arène méconnaissable en espèce de Quasimodo marin) sont véritablement jubilatoires !
(Même avec un plâtre au poignet dû à un récent accident de scooter, Hecq est prodigieux ! Son monologue final est trop court ! J'en aurais bien voulu davantage !)

Mention spéciale également à Jérémy Lopez qui ne ménage pas sa peine ! (Je rappelle que c'est lui qui incarnera "Roméo" dans la toute prochaine version du classique des classiques shakespeariens, montée par Eric Ruf en personne, le patron du Français. )

Au final, je me répète, cette volonté originale de mélanger les genres dans une institution qui pratique de plus en plus cet exercice est très payante : les spectateurs, (avec beaucoup d'enfants et de jeunes hier soir) s'amusent beaucoup pendant une heure et demie et repartent enchantés !

Ô Capitaine, mon Capitaine !

Publié dans Critique

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